Pages

vendredi 2 août 2013

Max Jacob : le poète homo devenu ermite

Max Jacob converti du judaïsme au catholicisme (baptisé le 18 février 1915 ; parrain : Pablo Picasso)
Max Jacob (1876-1944)
   Un poète, Max Jacob ? Oui, mais, d'abord, tout un poème !

   Et quand, un beau matin de septembre 1909, ce jeune dandy juif et homosexuel, passionné d'occultisme, qui jouit dans tout Paris d'une solide réputation d'amuseur public (et qui, en plus, se drogue à l'éther), entre dans la sacristie de l'église Saint-Jean-l'Evangéliste pour demander le baptême parce que, explique-t-il en gesticulant, il a eu une apparition du Christ, ce matin, dans sa chambre, alors qu'il cherchait ses pantoufles sous son lit, on comprend que le vicaire de la paroisse manifeste quelque réserve...

  Rebuté, Max Jacob replonge pour cinq années dans sa vie d'artiste, avec ses amis avant-gardistes (notamment Picasso, qu'il a accueilli chez lui, et pour lequel il semble avoir éprouvé une passion amoureuse - non réciproque ; comme ils n'ont qu'un lit, ils y couchent alternativement : Max y dort pendant que Pablo peint, et Pablo s'y repose quand Max court les galeries pour vendre les oeuvres de son ami.)

  Max Jacob persistera pourtant toujours à affirmer - malgré les rires de ses amis - qu'il a réellement vu le Christ, le 7 septembre 1909 :
 « Je suis revenu de la Bibliothèque nationale, j’ai déposé ma serviette, j’ai cherché des pantoufles et quand j’ai relevé la tête, il y avait quelqu’un sur le mur, il y avait Quelqu’un. Ma chair est tombée par terre ! Le corps céleste est sur le mur de ma pauvre chambre. Pourquoi, Seigneur ? Oh ! pardonne-moi! il est dans un paysage que j'ai dessiné jadis. Mais Lui ! quelle beauté, élégance et douceur ! Ses épaules, sa démarche ! Il a une robe de soie jaune et des parements bleus. Il s'est retourné et je vois cette face paisible et rayonnante... »

   Cinq ans plus tard, le 17 décembre 1914, la scène se reproduite dans un cinéma. Max rapporte à son ami Apollinaire, avec la simplicité d'un fait divers, que le Christ lui est apparu sur l'écran, par dessus le film projeté : la Bande des habits noirs de Paul Féval. La nouvelle se répand. Tout le monde se récrie - les chrétiens encore plus que les non-croyants. Du coup, Max, qui avait trouvé un prêtre pour le préparer au baptême, manque de s'en voir encore écarter. 

   Il insiste et finit tout de même par recevoir le baptême, le 18 février 1915, dans la chapelle des Soeurs de Notre-Dame de Sion. Pablo Picasso est son parrain. Mais... ses fortes passions homosexuelles demeurent. Et les bouges de Montparnasse, ou bien les sergents de ville en bel uniforme et taillés en "armoires à glace" l'attirent irrésistiblement. Il a beau s'admonester vigoureusement, prendre des décisions farouches : "Ne plus aller à Montparnasse", ses résolutions ne durent pas plus de deux jours. Avec le temps, évidemment, la chose se sait, et commence à faire scandale dans les bons milieux cathos...

   Ghéon est pourtant le premier contrit. En expiation, il monte à genoux  toutes les marches des escaliers menant à la basilique du Sacré-Coeur. Et surtout, avec une admirable persévérance, il recourt au sacrement de la confession : 
     « Je n'ai pas la force de changer ma vie terrestre qui me fait horreur, sans une aide. Et qui me donnera de l'aide, sinon les prêtres catholiques ? »
Max Jacob, baptisé en 1915, se retire en Saint-Benoît-sur-Loire en 1921
Max Jacob en 1922
   Malgré son succès artistique et mondain (depuis la mort d'Apollinaire, en 1918, il est quasi devenu chef d'école), il finit par prendre une décision radicale : quitter Paris.C'est le seul moyen d'échapper au vice. Il s'exile donc à Saint-Benoît-sur-Loire où il s'enferme dans une cellule quasi-monastique (1921). 

   Mais Paris n'est pas inaccessible. Et son appel est véhément. Max finit par y retourner. Il y séjourne à nouveau de 1928 à 1936, et il est aussitôt repris par ses vieilles habitudes. Julien Green raconte : 
   « Il passait toutes ses soirées dans les cafés de Montparnasse à courir après un garçon qu’il ramenait chez lui. Le lendemain matin, il allait se confesser à l’église Notre-Dame-des-Champs. Quand il apparaissait dans l’église, les prêtres se cachaient derrière les piliers. Ils connaissaient la confession par coeur : c’était toujours la même. Max assistait à la messe, communiait et le soir il recommençait à chercher un autre garçon. » 
    « Du bordel à l'autel, et vice versa », commencent à dire les mauvaises langues. Max se sent prisonnier, comme aliéné par ses habitudes.  « J'ai été sodomite avec ardeur mais sans joie », dira-t-il plus tard. Il se répète régulièrement : « Je suis un cochon, un salaud, je suis la honte, je suis la boue… ». Ses amants sont souvent de jeunes malfaiteurs recherchés par la police. Un soir, il quitte une soirée mondaine en disant, à la stupéfaction des bourgeois : « J’attends chez moi un jeune cambrioleur qui est mon amant. »

     Ce déchirement entre l'amour de Dieu et le désir homosexuel transparaît dans ses poèmes :
J'ai peur que tu ne t'offenses
Lorsque je mets en balance
Dans mon cœur et dans mes œuvres
Ton amour dont je me prive
Et l'autre amour dont je meurs. 
Qu'écriras-tu en ces vers
Ou bien Dieu que tu déranges
Dieu les prêtres et les anges
Ou bien tes amours d'enfer
Et leurs agonies gourmandes ? [...]
    Un autre poème commence ainsi :
Flegmatique et sensuel, je l’étais, je le reste
Si je digère mal, c’est que je suis si mou.
     Et s’achève :
Navré quand tu t’en vas, joyeux quand tu t’approches,
Je ne peux qu’espérer l’amour.
Ce sont là des tourments, chrétiens de vieille roche
Que vous ignorerez toujours.
J’offre cet océan, la foi un cœur de pierre ;
Mon espérance au front la couronne de lierre.
      On l'entend murmurer, désolé, devant son crucifix : « Pardonnez-moi, Seigneur, je suis le bon larron » Ou encore : « Max est pécheur, Max est un homme » ; bon larron, mais vrai bon larron, essayant quotidiennement de se crucifier pour suivre le Christ.

    Pour comprendre son état d'esprit, et la façon dont il conçoit son état d'homosexuel chrétien, il faut citer ici sa lettre à Jean Cocteau (mai 1926). 

    Cocteau, comme Jacob, s'est converti au catholicisme. Lui aussi est homosexuel, lui aussi peine à se libérer de ses habitudes. Du coup, découragé, il abandonne le combat et délaisse la pratique religieuse. Max Jacob lui écrit :
« Le démon te touche. Sois obstinément chrétien au travers des péchés, je t'en prie. Ne vois-tu pas le démon te montrer que la perfection est inaccessible ? …À quoi bon le confessionnal si Dieu n'admet pas le péché ? Crois-tu que Dieu ne pardonne pas plus à ton immense charité qu'’à bien des colères orgueilleuses ? Tu ne me confies rien au sujet de ton désespoir de la perfection, mais tu renonces à la vie chrétienne parce que tu veux être mieux que nous ne pouvons être. Ne songe pas à la perfection de la vie chrétienne qui te fait dire : "cette perfection là ne me plairait pas !" C’'est une erreur effroyable. Car cette perfection ne peut être aimée que lorsqu’'on y arrive par degrés, elle nous dégoûte auparavant.
    Donc, Jean, ne sois pas mieux que tout autre chrétien : sois ce que tu es. Seulement désigne le mal par son nom. Le mot "péché" ! Dans ce mot-là est toute la distinction. Personne n'’osera te dire cette vérité-là : c’'est du cynisme ! On nous demande de ne pas faire le mal comme une chose toute naturelle, mais d’'avoir conscience que cela est « le mal ». On nous demande d’'avoir le sens du mal.
    Tu me dis : "Ce changement de dénomination n’'est que de l'hypocrisie"... Ce n’'est pas de l'hypocrisie, c’'est la crainte de Dieu. [...]
    Confesse-toi souvent, très souvent, avec un sentiment de regret d'être si faible. Parce que tu demandes trop, tu renonces à "un peu". Sois ce "peu" et confesse-toi.
   Tu dis à Dieu : "Donnez-moi le dégoût de ce que j'aime". À chaque dégoût correspondra un goût et tu arriveras avec joie à une perfection dont ni toi ni moi ne pouvons encore apprécier les charmes, de sorte qu'’elle nous rebute.
    Pas de perfection ! pas de perfection ! pas de perfection en religion ni en littérature. Tu ne veux pas être une pièce d'’anthologie vivante. Fais donc ton petit bonhomme de vie courante, en remarquant simplement que tu tombes dans le fossé. Simple remarque et confession en avouant ta faiblesse et en la considérant comme telle [...] Dieu se satisfait de ce petit repentir. Mais nous serons tous jugés au Jugement dernier, et nos petits repentirs feront masse et compteront beaucoup.
    Donc ne pas négliger de considérer le mal comme du mal. Dieu, s'il y a lieu, nous montrera d'autres routes, pour notre joie... ».
    On trouve, dans cette lettre, trois consignes (que Max Jacob a observées lui-même le premier) :
    

    1. Ne pas se laisser effrayer par la perfection chrétienne. Vue de loin, elle semble d'une austérité insupportable et presque inhumaine, mais à chaque jour suffit sa peine. Au fur et  à mesure qu'on en approche, Dieu en donne le goût. Quiconque l'atteint y trouve nécessairement la joie (comme les saints). Mais cette joie ne peut être comprise que par les âmes suffisamment disposées : celles qui y sont arrivées !
    
   2. Aller vers la perfection pas à pas, selon les forces et les grâces du moment, sans se soucier de l'avenir. Faire chaque jour ce qu'on peut faire pour aller dans la bonne direction. Dieu ne demande pas plus, tant qu'on n'abandonne pas.

   3. Enfin, et surtout, ne jamais pactiser avec le mal. Ne jamais accepter d'appeler "bien" ce qui est "mal". Voir ses péchés en face, honnêtement, sans les nier, les excuser ou les édulcorer. Les voir tels qu'ils sont et donc les regretter. On touche ici à la distinction essentielle entre le simple homo (= celui qui a des tendances homosexuelles et, éventuellement, s'abandonne à ces tendances) et le gay (qui est non seulement homo, mais veut justifier l'homosexualité comme bonne et naturelle). Un ivrogne peut s'abandonner tous les jours à la boisson et, cependant, dès qu'il est dégrisé, regretter son addiction. De même, un homo peut se laisser aller à ses habitudes par faiblesse, sans vraiment les approuver : il n'est pas vraiment gay . Seulement, il est dans une sorte d'état intermédiaire où Max Jacob lui demande de ne pas rester. Car la neutralité est impossible. « A force de ne pas vivre comme on pense, on finit par penser comme on vit », dit l'adage. Max Jacob encourage donc à regretter positivement les actes homosexuels commis, à en demander pardon à Dieu. C'est le seul moyen de marcher vers la perfection ; et puis, en plus, « au Jugement dernier, nos petits repentirs feront masse et compteront beaucoup ».

dandy juif homosexuel, Max Jacob voit Jésus 2 fois (7 septembre 1909 et 17 décembre 1914) baptisé catholique le 18 février 1915 à Paris
Max Jacob à sa table de travail
  Max Jacob est dans la logique de l'Evangile qui demande avant tout aux hommes de se reconnaître pécheurs (tandis que la logique gay est, au contraire, de refuser absolument que les actes homosexuels puissent être un désordre ou un mal) : 
« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, Dieu qui est fidèle et juste nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout ce qui nous oppose à Lui. ». (1 Jean)

   Seulement, seulement ... ces principes de Max Jacob, sont-ils efficaces ?

   On l'a vu monter à genoux les marches de Montmartre pour expier ses fautes. On l'a vu se confesser et se re-confesser, tous les jours ou tous les deux jours, avec une constance héroïque, de fautes qu'il continuait à commettre avec une constance non moins tenace. Tout ça, finalement, lui a-t-il servi à quelque chose ?

   Eh bien, oui ! Mais seulement à la longue. Après 1936, sa vie se stabilise. Il revient à Saint-Benoît-sur-Loire où il vit, non pas vraiment une vie d'ermite (je m'aperçois, ici, que mon titre n'est pas exact - mais j'ai la flemme de la changer), car il a tout de même un certain nombre de visites, mais une vie quasi-monastique : il loge à deux pas de la basilique, une chambre, au rez-de-chaussée, aussi nue qu'une cellule monacale. Les murs sont blanchis à la chaux. Un lit de fer, un crucifix, une grande table chargée de papiers et de livres, deux ou trois sièges...

   Il s'est imposé un règlement de vie : levé à 5 h 30, il prie une heure durant, puis se rend à l'église, prépare l'autel sert la messe si besoin. Ses gestes et ses attitudes pendant la cérémonie paraissent excessifs, mais sincères, aux braves gens du village. 

   Il rentre pour travailler (il travaille énormément). L'après-midi, il est de nouveau à l'église pour le Chemin de croix. On l'entend parfois murmurer : « Pardonnez-moi, Seigneur, je suis le bon larron. » 

   Plus qu'un repas par jour - sauf quand il a des hôtes. Très dévot pour la sainte Vierge, il s'est composé ses litanies personnelles : « Vierge si merveilleusement chatoyante » , etc.

   Surtout, il pratique la charité (l'affabilité lui coûte), l'obéissance (interdiction de fumer dans la chambre !) et l'humilité, même s'il doit veiller à surveiller sa langue souvent féroce. Lorsque, entraîné par son récit, il s'est laissé aller à dire du mal d'une personne, il s'interrompt brusquement, et enchaîne : « Il reste que, si on le voulait, je suis sûr que l'on pourrait trouver beaucoup de bien à dire d'elle... »


   Et la chasteté ? Max reste tourmenté, c'est certain. Mais il semble remporter la victoire. Jean Clary, qui a laissé un récit assez sarcastique de visites qu'il a faites au poète-ermite en 1938-1939, rapporte un épisode à la fois burlesque et significatif : 
    Il y avait dans sa chambre une cheminée, et devant cette cheminée plusieurs rangées de carreaux rouges. Il me les désigna un jour du doigt : 
    - Quand le démon de la chair me harcèle, je retire mes chaussures, je me mets pieds nus et je les pose sur ces carreaux qui sont toujours glacés. Eh bien, c'est radical et instantané. Le démon prend la fuite. Je me sens délivré de lui jusqu'à la prochaine attaque, car il ne se décourage pas, le bougre. Il devrait pourtant savoir que j'ai là, sous la main, le moyen de le chasser. Mais peut-être justement à cause de ces carreaux qui me rendent la victoire facile, Dieu permet-il que le démon s'acharne plus souvent sur moi.
     A tout prendre, ce moyen d'écarter le démon de la luxure était moins brutal et moins contraignant que les buissons d'épines dans lesquels certains "pères du désert"  avaient coutume de se rouler ! Max Jacob avait-il réellement besoin, pour se calmer, de se refroidir ainsi les pieds ? Ou bien se cachait-il à lui-même, par cette parade superstitieuse, la maîtrise de lui-même qu'il avait enfin acquise, et à laquelle il n'osait plus croire ?  En tout cas, le résultat était là. Mais la fin était proche... 

    Le 24 février 1944, Max Jacob est arrêté, en tant que juif, et conduit au camp de Drancy.

    Il envoie ce message à Conrad Moricand : « Je t’écris dans le wagon qui me mène à Drancy. Que la volonté de Dieu soit faite. Les gendarmes sont charmants. Max. » 
 
    Une broncho-pneunomie survient. Un médecin juif, interné avec lui, a témoigné comment, voyant la mort venir, Max ne se plaignait pas, se contentant de répéter : « Je suis avec Dieu. » Il raconte :

    « Il ne m'exprima, à moi en particulier, qu'un seul désir : il voulait mourir catholiquement. Avec quel tact, quelle discrétion, il formula cette demande, pour ne pas nous froisser, nous, Juifs ! ... Nous lui promîmes tout. Nous arrivâmes à tenir cette promesse. »

    Dans sa poche, ils trouvèrent un chapelet ; sans hésiter, ils le roulèrent autour de ses doigts. 

    Max Jacob meurt ainsi, le 5 mars 1944.


NB: On remarquera que Max Jacob (1876-1944) est presque contemporain d'Henri Ghéon (1875-1944).  Ces deux poètes homo pas gay se sont convertis au catholicisme à peu près à la même époque : Henri Ghéon se confesse à Noël 1915, Max Jacob a été baptisé le 18 février 1915.

Voir : Un homo pas gay : Henri Ghéon (1875-1944), ainsi que Ghéon le gai contre Gide le gay

10 commentaires:

  1. Sur Max Jacob, on me signale ce lien intéressant :
    http://www.abbaye-fleury.com/max-jacob.html

    RépondreSupprimer
  2. Il y a bien pire que la sodomie, il y a l'hypocrisie des pharisiens.

    Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu car il se complet d'abord (mais pas exclusivement heureusement pour les bourgeois et les bien-pensants comme moi!) avec les prostitués et les publicains, c'est-à-dire les corrompus.

    Bien entendu, il s'agit de se convertir mais comme l'enseigne St Thomas d'Aquin, le désir sexuel est vehementer, le plus véhément de tous les désirs, et je crois que ce sont ces péchés que Dieu pardonne le plus facilement.

    Je reviens sur le sujet du désir homosexuel et de son origine.

    A Eve, Dieu dit dans la Genèse, ton désir te poussera vers l'homme et lui dominera sur toi, donc sur ton désir. Dans le couple, homme-femme, le désir est équilibré par un rapport de force...je sais ce n'est pas très politiquement correct de dire cela!

    Le même mot désir et le verbe dominer sont utilisés dans l'histoire de Cain et Abel, qui comme, je l'ai déjà dit, est le texte biblique qui révèle la nature du désir mimétique propre à tout homme et qui s'exprime sexuellement chez les homosexuels.

    Dieu dit à Caïn, arriveras-tu à dominer le désir qui est en toi ou sinon va-t-il t'emporter. Caïn ne répond pas et sort tuer son frère. Ainsi, dans le couple homosexuel, contrairement au couple homme-femme, l'homme ou la femme sont seuls pour dominer leur désir et celui-ci étant si violent les emporte.

    D'où la très grande difficulté à vivre la continence quand on a commencé à goûter au vertige de la chair.

    RépondreSupprimer
  3. Vous aurez bien sûr corrigé ma magnifique faute d'orthographe : Dieu se complaît et non se complet. Même si Dieu, certes, possède une complétude parfaite!

    Je me suis permis de renvoyer à votre blog dans un commentaire qui a été publié sur le site Benoît et moi au sujet de l'actuelle polémique relative à la position de François sur les gays. Voilà ce que j'ai écrit et qui a été publié avec référence à votre blog : (http://benoit-et-moi.fr/2013-II/articles/le-pape-des-gays.html)



    HOMO OU GAY? L'ERREUR DU PAPE
    Je vous renvoie à l'excellent blog d'un homosexuel, opposé au mariage homo et qui nie farouchement être gay : homopasgay (http://homopasgay.blogspot.fr )
    Pour lui, en effet, le terme gay se réfère à une communauté et à un militantisme qu'il n'approuve pas bien qu'homosexuel actif :

    Être attiré par des gens de mon sexe, je n'ai pas l'impression de l'avoir choisi (pas plus que d'être blond, grand, myope ou gaucher) ; ça s'est imposé à moi, à l'adolescence. Être stigmatisé, injurié, méprisé ou rejeté à cause de cette attirance, ça me paraît donc foncièrement injuste. — Mais ai-je pour autant l'obligation de penser, dire et proclamer que l'homosexualité est normale, souhaitable et pleinement épanouissante ? C'est ce qu'affirme l'idéologie « gay ». Or on peut très bien être homo sans adhérer à l'idéologie gay. On peut être homo sans en être particulièrement fier. On peut être attiré par des gens de son sexe tout en regrettant de l'être (comme on regrette d'être myope). On peut être homo sans vouloir imposer l'homosexualité comme une norme. On peut être homo sans vouloir détruire la famille. C'est le cas du rédacteur de ce blog : homo pas gay. A tous, il vous souhaite la bienvenue !

    Ainsi, le Pape, lorsqu'il déclare qu'il ne saurait condamner un gay, se trompe lourdement de vocabulaire puisqu'il reprend en l'utilisant toute l'idéologie californienne des groupes LGBT et des théoriciens du Gender!
    Il aurait simplement dû utiliser un vocabulaire plus simple (lui qui recherche sans cesse la simplicité) et dire qu'il ne condamne pas une personne ayant des tendances homosexuelles mais qui est sur un chemin de conversion au Seigneur. C'est sans doute ainsi que Benoît XVI se serait exprimé et on aurait dit qu'il condamnait les homosexuels et que son discours était irrecevable aujourd'hui et incompréhensible pour le bon peuple!
    Mais à force de vouloir faire populaire, on commet des erreurs!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @ Théotime : Merci de vos commentaires réguliers, et de vos efforts pour faire connaître ce blog. J'avoue ne pas être (encore ?) convaincu par votre vision de l'origine du désir homosexuel (Caïn et Abel), mais j'essaie d'intégrer cela dans ma réflexion...

      Supprimer
    2. Je crois que le mieux est de lire directement René Girard et la façon dont il aborde le problème du désir mimétique, de l'homosexualité mais aussi du christianisme comme religion de la sortie de la violence mimétique :

      René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde.

      « Un des avantages [d’envisager] la genèse [de certaines formes au moins d’homosexualité] par la rivalité c’est qu’elle se présente de façon absolument symétrique chez les deux sexes. Autrement dit, toute rivalité sexuelle est de structure homosexuelle chez la femme comme chez l’homme, aussi longtemps toutefois que l’objet reste hétérosexuel, c'est-à-dire qu’il reste l’objet prescrit par le montage instinctuel hérité de la vie animale. […] L’homosexualité correspond forcément à un stade « avancé » du désir mimétique mais à ce même stade peut correspondre une hétérosexualité dans laquelle les partenaires des deux sexes jouent, l’un pour l’autre, le rôle de modèle et de rival aussi bien que d’objet. La métamorphose de l’objet hétérosexuel en rival produit des effets très analogues à la métamorphose du rival en objet. C’est sur ce parallélisme que se base Proust pour affirmer qu’on peut transcrire une expérience homosexuelle en termes hétérosexuels, sans jamais trahir la vérité de l’un et de l’autre désir. C’est lui, de toute évidence, qui a raison contre tous ceux qui, soit pour l’exécrer, soit au contraire pour l’exalter, voudraient faire de l’homosexualité une espèce d’essence. » René Girard in Des choses cachées depuis la fondation du monde.

      Supprimer
  4. This life history of Max Jacob is an inspiration for all of us! Whether homosexual or otherwise, we all struggle against the 'flesh'. Unlike St. Paul who miraculously was completely changed to follow Christ without relapse into sin, we 'ordinary' men and women are seemingly destined to repeated falls and redemptions! This is our way to make our way to love God more and more. Perhaps G.K. Chesterton was referring to this recidivism when he wrote the following: "e are all in the same boat and we are all seasick." The weakness we experience over and over again, is God's only way of keeping us from pride, the pride of the Pharisees, which can so easily be lethal. C.S. Lewis in his small book, "The Four Loves" is convinced that the worst sexual sin is less reprehensible than a refusal to love. Father Barron of You Tube fame, has concluded that "We can reasonably hope that no one is in Hell." Father Barron bases this truth on the extent to which the Son of God went to save us and lead us to the Father. In light of Max Jacobs struggle unto God, we might add that "We have a reasonable hope that no one is in Hell" because of our human weakness. As the Catechism used to say, stating Catholic Doctrine, "Because of Original Sin our Intellect is darkened and our Will is prone to sin[that is, very weak when faced with the allurements of the Flesh]. Yes, we 'stumble to a throne' to use a phrase used by Bishop Sheen. Thanks for publishing this story of Max Jacob, who like most of us, stumbled for many years to his throne! A retired Catholic priest in Canada.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de vos encouragements, mon Père, mais j'avoue ne pas bien voir le lien avec la thèse théologique de "l'enfer vide".

      Supprimer
  5. Pour en dire un peu plus que juste "Anonyme", je suis une lectrice qui suit cet excellent blog depuis ses débuts.

    Ce monsieur - Max Jacob, dont j'apprends ici certains éléments de sa biographie - me semble être dans une outrance suspecte. S'il faisait du "démon de la chair" un ennemi invincible, n'était-ce pas uniquement pour se voir comme une sorte de Saint Antoine aux prises avec "d'effroyables tentations" que seule une vigilance de tous les instants pouvait tenir en respect (et pourquoi pas un cilice et quelques auto-flagellations bien senties, tant qu'il y était) ?
    Je trouve tout ça trop excessif, trop caricatural pour être crédible.

    De toute évidence, il était parti dans une posture de martyr qu'il nourrissait lui-même par ses frasques, ou, plus précisément, comme ses "débordements irrépressibles" lui permettaient de se rêver en martyr, ils lui devenaient nécessaires.
    Selon une mécanique bien huilée, il péchait, puis partait dans des excès de contrition, puis re-péchait et repartait dans une furie de contrition masochiste... " Je suis un cochon, un salaud, je suis la honte, je suis la boue… " Pardi ! Un vrai cas d'école.
    Son problème consistait à se faire payer ses débordements uniquement pour éprouver du plaisir à se faire mal et à se diminuer, ce plaisir des masochistes qui n'en est pas un, mais qui les domine comme d'autres sont dominés par la boulimie ou l'alcoolisme.
    Et voilà comment le message de l’Église peut nourrir un trouble de la personnalité... Même si la sincérité catholique de Max Jacob ne fait pas l'ombre d'un doute, la pathologie qu'il aurait fallu soigner chez lui, celle qui l'empêchait de dominer ses "passions infernales" et de trouver son équilibre, c'était le masochisme et rien d'autre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas dans la peau de Max Jacob et ne peux donc pas répondre à sa place.

      Qu'il ait souffert de certains troubles de la personnalité, son addiction sexuelle le prouve.

      S'agissait-il de masochisme ? Je laisse les psychiatres compétents en discuter.

      En tout cas, il semble avoir fini par dominer ses troubles. Visiblement, ses efforts, ses prières, ses sacrifices ont été bénis par Dieu.

      Car Jésus n'est pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades.

      Supprimer
    2. Je ne nie pas que sa foi lui ait beaucoup servi. J'ai ma petite idée, mais je ne peux malheureusement pas l'exposer en public. Disons que d'après moi, elle lui a évité de tomber très bas et lui a même permis, au bout du compte, de se relever. Cela n'infirme en rien ma thèse, qui se fonde sur un membre de ma famille, masochiste certifié dont les troubles ressemblent beaucoup à ceux de Max Jacob - à ceci près que la personne dont je parle n'est pas homosexuelle.

      En tous cas, encore bravo pour votre blog et les excellentes analyses qu'on y trouve. C'est toujours un plaisir de vous lire!

      Supprimer

Vos commentaires, même très critiques, sont les bienvenus, pourvu qu'ils se rapportent au sujet traité, qu'ils soient rationnellement argumentés et qu'ils évitent l'injure ou le dénigrement gratuit.

Merci de relire avant de poster, pour vérifier que vous avez bien respecté ces règles !