Pages

vendredi 16 août 2013

15 août : la Barjot a encore frappé !

Frigide Barjot s'intéresse trop aux homos...
   Pardon d'être vulgaire, mais elle ne peut pas nous lâcher un peu le slip, la Barjot ? Que sa réputation de fille à pédés lui soit utile dans le tout-Paris médiatique, c'est entendu. Mais maintenant que cette réputation est solidement établie, elle pourrait peut-être laisser les homos tranquilles, non ?


   Car, visiblement, c'est Frigide Barjot qui est derrière le manifeste publié ce 15 août par huit homos cathos qui demandent à l'Eglise catholique "davantage de reconnaissance". Du pain béni pour les médias ! En relayant, France-info explique que ces homosexuels expriment leur "ras le bol" face à une Eglise qui "continue à les ignorer". Je ne sais pas si c'est exactement le message que les rédacteurs voulaient faire passer, mais, en tout cas, c'est celui qui atteindra le grand public. Et c'était bien prévisible.

   Prévisible et désolant. C'est d'ailleurs l'ensemble de ce texte qui est désolant : le ton, le son, le fond et même le bon.

  Le ton, d'abord. Il se veut "solennel". Pompeux. Je dirai : pompier. Dès le premier paragraphe, les homos sont présentés comme "ceux sans qui le mouvement historique de cette année n’aurait jamais existé". En avant la fanfare ! Nous sommes "fiers d’êtres ces homosexuels qui sauvent l’essentiel de l’humanité". Car nous, homosexuels, nous "donnons notre réputation, notre famille, nos amis pour sauver le mariage et la filiation humaine". Fermez le ban.

   Le pompier trompettiste est aussi syndicaliste : ayant, nous homos, vaillamment lutté, nous venons, une fois la bataille perdue, demander gentiment (mais en ameutant les médias) la récompense qui nous est due...

   On voit la délicatesse du procédé. Un autre homo catho, "Weshouldtryon", l'a immédiatement noté sur le site de "La Vie" :
    « Le côté "on vous a donné ça (LMPT), vous nous devez ça (reconnaissance)" est assez gênant, et à mon avis assez contre-productif. L'Eglise ne nous doit rien sous prétexte qu'on aurait participé à LMPT, c'est un raccourci pour le moins rapide. D'autant plus que LMPT n'avait officiellement rien à voir avec l'Eglise : je n'y ai pas participé en tant que catho, mais en tant que citoyen. Surtout, les auteurs de la tribune, sûrement par souci de concision, utilisent alternativement les termes "homosexualité", "homosexuels" et "gay", dont chacun a pourtant une signification assez distincte. Par ailleurs l'emploi par le Saint-Père du terme "gay" ne doit pas être considéré comme un blanc-seing, c'était dans un contexte très particulier, pas dans un texte pastoral. »
   Au delà du ton, le son. Les chorales de pompiers, même cégétistes, jouent généralement juste. Mais ce texte sonne faux. Et même faux cul.

   Quand il s'agit d'encenser les personnes  - nos évêques, ou le pape François - on y va. "Vous êtes nos pasteurs bien-aimés. [...] Nous avons confiance en chacun de vous". Mais on laisse entendre, à côté, que l'Eglise, elle, est injuste depuis 2000 ans. Car enfin, si les mots ont un sens, que signifie d'autre la demande d'être "enfin" (je souligne cet enfin), "justement" (je souligne ce justement) "reconnus par l’Eglise" ?

   Mais dans ce cas, si vraiment c'est une question de justice, pourquoi, en même temps, demander cette "reconnaissance" comme une sorte de remerciement pour la participation à la "Manif pour tous" ? On nage dans la contradiction. Le texte reste d'ailleurs très vague, très équivoque, sur la nature de cette "reconnaissance" qui est attendue de l'Eglise. S'agit-il seulement de bienveillance pour les personnes, ou bien d'une remise en cause de la doctrine catholique selon laquelle les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés ? Cette doctrine, en tout cas, le communiqué se garde bien de la rappeler. Elle n'est pas niée, mais on demande de travailler à "changer les mentalités", sans préciser clairement la nature de ce changement. Tout est flou, visqueux, fuyant.

  Officiellement, le texte se rapporte à la prière : il demande aux pasteurs de prier et faire prier pour les homos. Très bonne idée. Mais qui n'est qu'un prétexte. Le premier paragraphe du texte en parle, le dernier y revient laborieusement, mais tout l'entre-deux parle d'autre chose. Visiblement, la prière est là pour faire passer le reste (un peu comme dans l'hypocrite "prière à Dieu" de Voltaire, qui devient très vite un sermon anti-chrétien). Le fond est ailleurs. Et ce fond n'est pas bon.

   Le fond n'est pas, comme une lecture trop rapide pourrait le faire croire à un esprit mal tourné, une apologie de Frigide Barjot (même si l'on insiste lourdement sur les mérites des fondateurs du Mouvement pour tous, "dans des voies médiatiques criblées d’embûches"). Mais le fond, c'est quand même le projet-fétiche de Barjot : pas de mariage gay, mais une union civile des homosexuels. L'Eglise a déjà clairement condamné cette idée, mais ça ne fait rien, Barjot revient à la charge. Après avoir loué la "sagesse de l'Eglise" (faisant mine de s'y soumettre au moment même où elle la remet en cause), elle demande hypocritement :
    « Quelle réponse la sagesse de notre Eglise apporte-t-elle dans cette défense du mariage et de la filiation à la désormais légale reconnaissance des droits de vie commune des adultes homosexuels non catholiques ? »
   On lui a déjà expliqué des dizaines de fois, à la Barjot, que la société n'a aucune raison de légaliser les unions homosexuelles. Mais, visiblement, ça la dépasse. Pour elle, et pour les auteurs du manifeste, la loi Taubira n'est pas vraiment mauvaise, mais "excessive" : elle n'est qu'une " réponse excessive à la légitime demande des gays, jusque-là dans le déni juridique de toute vie affective". Apparemment, pour Barjot et ses comparses,  le Droit n'est plus centré sur le bien commun objectif, mais sur la "vie affective" des particuliers. Rêverie juridico-sentimentale qui, prise à la lettre, pourrait mener à de graves dérives totalitaires. Mais en même temps, méprise psychologique. Car les revendications homosexuelles, chez beaucoup d'homos, ne traduisent pas un réel besoin de ce qui est demandé, mais un profond sentiment de frustration qu'aucune loi, aucune reconnaissance sociale, aucun dispositif juridique ne pourra guérir. C'est l'âme qu'il faudrait atteindre. Les revendications gay peuvent donc se succéder indéfiniment, l'une appelant l'autre, sans jamais satisfaire une âme blessée qui, au fond, cherche tout à fait autre chose.
  
    - Mais il y a quand même du bon, dans cette déclaration ?
    - Ah, certainement ! pour la bonne raison qu'on peut trouver du bon partout. Même dans les bagages d'un terroriste : du beau linge, de beaux livres, de magnifiques souvenirs, servant à emballer, entourer et cacher l'engin infernal qui va faire exploser l'avion. Dans cette bombe elle-même, d'ailleurs, que de bonnes choses quand on y regarde de près !

   Du bon, oui, il y en a. Notamment, cet appel, qui me touche beaucoup, à ce que l'Eglise s'engage davantage dans la pastorale envers les homosexuels, pour éviter que de jeunes homos se tournent vers des associations LGBT nuisibles au salut de leur âme. Appel très justifié. Mais pourquoi le lancer de cette manière, publique et "solennelle" ? Ce genre de problème pastoral gagnerait à être plutôt évoqué personnellement et en privé, avec les pasteurs concernés.

   Du bon, oui. Mais dans un contexte subversif. Je n'accuse personne : l'un ou l'autre des signataires de ce manifeste m'a avoué l'avoir signé presque sans le lire, et sans vraiment se soucier de son but. Les rédacteurs eux-mêmes ont certainement d'excellentes intentions. Mais il n'est pas sain, il n'est pas prudent et il n'est n'est pas respectueux de la nature de l'Eglise (qui n'est pas une démocratie) d'exercer ainsi une pression publique sur les autorités de l'Eglise, par l'intermédiaire de médias qu'on sait très hostiles à l'Eglise (voir la réaction citée plus haut de France-Info).

   Des associations d'aide aux homosexuels, il en faut. Mais il faut d'abord et surtout qu'elles soient pleinement fidèles à l'esprit de l'Eglise. Il faut relire, à ce sujet, le compte-rendu d'un congrès sur l'aide aux homosexuels organisé il y a quelques années par les catholiques américains. On s'y aperçoit que la France a un certain retard en ce domaine (je regrette notamment que nous n'ayons pas, à ma connaissance, des antennes du mouvement Courage, qui fut fondé aux Etats-Unis par le père John F. Harvey (1918-2010), un des pionniers de l'aide aux homosexuels).

   En retard, mais aussi en avance. Car la France peut mettre en avant de très beaux exemples de catholiques homosexuels ayant vaillamment lutté pour se sanctifier dans leur état, notamment Henri Ghéon (qui fut ami et complice de Gide, avant de se convertir) ou Max Jacob, ce poète homo qui se fit ermite. Ils mériteraient d'être davantage mis à l'honneur. Et l'on remarquera qu'aucun d'eux ne se posa jamais en accusateur, en interpellateur ou en victime de l'Eglise. 

  A tous mes frères homos qui ont cru bon de signer le manifeste Barjot, je veux, avant de conclure, exprimer ma sympathie. Sympathie au sens originel du mot : douleur partagée. Car, homo moi-même, je partage leur souffrance, et je ne doute pas de leurs intentions. Qu'ils ne prennent pas ma réaction pour une attitude de rejet ou de jugement. Mais je veux dire : attention ! Lorsque le communisme attaquait l'Eglise, beaucoup de mouvements catholiques ouvriers se sont laissés plus ou moins contaminer par la dialectique communiste (à tel point que l'archevêque de Lyon, après la chute du mur de Berlin, a cru devoir demander publiquement pardon pour la "connivence" de certains mouvements "catholiques" avec le marxisme). Aujourd'hui que l'idéologie gay a remplacé le marxisme (car le lobby gay est aux homos ce que le communisme fut aux travailleurs), sachons résister fermement à la dialectique gay. N'entrons surtout pas dans l'erreur fondamentale qui consiste à diviser l'humanité entre "homos" et "hétéros". A cet égard, à quoi rime de demander une "place dans l'Eglise" pour les homosexuels ? Est-ce que l'Eglise n'accueille pas tous les hommes ? Pour elle, il n'y a plus ni juif, ni grec, ni homme, ni femme (Gal 3, 28). Alors, a fortiori, ni gay ni straight !

9 commentaires:

  1. Il serait utile de relire le passage sur l'homosexualité dans le "catéchisme de l'Eglise catholique". Page 480 ! On ne peut choisir dans les Paroles du Christ (Bible) ni dans quelconque écrit, à la carte, prendre juste ce qui nous convient et rejeter le reste...... .
    Le Seigneur nous prévient : "Il ne doit être ni ajouté, ni retiré quoi que ce soit de ses Paroles". Je sais que pour certains cela reste une grande souffrance, mais ils ne sont pas rejetés pour autant. Nous rejetons le péché, mais jamais le pécheur......et nous le sommes tous !

    RépondreSupprimer
  2. Analyse très juste, que je propose en réponse ici et là à ceux de mes amis qui ont relayé le manifeste sur les réseaux sociaux. Merci.

    RépondreSupprimer
  3. Une remarque : la photo que vous avez mis de FBargeot est déplaisante et dessert votre article. On ne peut pas dire que ce choix est de la bienveillance dont vous vous réclamez. Par ailleurs elle sort en aperçu sur Facebook qd on relaie votre article... du coup, j'y ai renoncé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de votre remarque. (Il est possible de relayer sur Facebook sans la vignette, ou bien en changeant celle-ci : Fb propose généralement cette option avant que l'on confirme son envoi.)

      Supprimer
  4. Un grand Merci pour cet article et cette très juste analyse : ce manifeste arrive en effet comme un chien dans un jeu de quille, et risque de détruire bêtement les timides avancées qui se font de ci de là en termes d'accueil des homosexuels de la part de l'Eglise :
    j'ai en effet l'impression que le seul côté positif de cette loi, c'est d'avoir fait changer le regard sur les homosexuels de beaucoup de catholiques (moi la première...) , qui réalisent que, comme vous le dites si justement, notre manque d'accueil pousse certainement des jeunes vers le lobby LGTB ou des sites comme la ligne Azur , qui jouent la compassion pour faire passer leur idéologie, et les poussent à se couper encore plus de leur famille...
    Quelques initiatives existent, notamment dans mon diocèse, où pour la 2è année, Mgr Daucourt (Nanterre) a organisé et présidé un pèlerinage 'chemin d'Emmaüs" fin juin , destiné aux personnes touchées de près ou de loin par l'homosexualité : bien que n'étant pas dans ce cas, j'avais très envie de participer à cette journée, chose à laquelle je n'aurai jamais pensé l'an dernier... (finalement, je n'ai pas pu mais je le regrette...).
    J'espère donc très sincèrement comme vous qu'une pastorale va se développer... !
    Merci encore pour tous vos billets, que je continue à lire et à faire lire avec assiduité !
    Béatrice

    RépondreSupprimer
  5. Je n'ai pas envie de faire encore un article sur ce triste "Manifeste" Barjot (qui, de toute manière, a peu de chances de rester dans les annales comme un événement historique...)

    Aussi, c'est seulement ici, en commentaire, que je signale la réaction de Jean-Pier Delaume-Myard (porte-parole de la "Manif pour tous" et homosexuel) :

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/923839-catholique-homo-et-contre-le-mariage-gay-je-n-attends-pas-de-reconnaissance-de-l-eglise.html

    Deux points que j'approuve à 100% :

    1) le rappel de la distinction entre les mots "homosexuel" (qui désigne seulement une tendance ou un état) et "gay" (qui implique militantisme, idéologie, voire prosélytisme),

    2) le refus de toute récupération de la participation de nombreux homos à la "Manif pour tous" ("Catholiques homosexuels, ne demandez pas à l’Église ce qu’elle peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour l’humanité").

    Cela dit, quand Jean-Pier critique ceux qui rappellent la doctrine catholique sur l'homosexualité (devoir de pratiquer la continence) en les qualifiant de "plus papistes que le pape", je m'interroge : ne connaît-il vraiment pas cette doctrine catholique ?

    Il est vrai que beaucoup de prêtres, depuis quelques décennies, n'osent plus transmettre la doctrine catholique sur ce sujet (comme sur d'autres : contraception, avortement, etc.). Mais, rassurez-moi, vous n'avez quand même pas QUE des prêtres "progressistes" autour de vous, Jean-Pier ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme je le disais personnellement à Jean-Pier, il y a des choses que je valide entièrement dans son article, et c'est ce que vous citez ici, et d'autres que je ne peux me résoudre à accepter, notamment interpréter à sa sauce ce qu'ont pu dire Boutin ou le pape. Tout mélanger. Ne pas avoir l'honnêteté intellectuelle et l'humilité de reconnaître que l'Eglise peut avoir raison et avoir un message de vie et de sainteté à transmettre à travers sa doctrine. Perso je suis contre la religion à la carte où l'on prend ce qui nous intéresse et où nous rejetons ce qui nous contrarie. Parfois je préférerais que ces personnes (les progressistes, les moi-je-sais-mieux-que-le-pape etc) se réclament de l'église protestante plutôt que catholiques, ce serait plus cohérent. Bref, tant de choses à dire, mais vous en avez déjà dit beaucoup !

      Supprimer
  6. Communiqué du 15 août : le démenti de DUEC (Devenir un en Christ).

    Sur la page de HOMOVOX, ce communiqué de DUEC (dont le nom avait été cité à la fin du communiqué barjotiste du 15 août) :

    Asso Duec
    Bonjour,

    Dans la récente tribune publiée le 15 août, intitulée « Tribune de l’Assomption », nous avons été très surpris de découvrir l’implication de notre association Devenir Un En Christ, dont le nom se trouve cité à côté de celui d’un des signataires du texte, sans l’accord de ce dernier ni celui des responsables de l’association.
    Au cours des débats qui ont agité notre société sur la question du « mariage pour tous », notre association n’a justement pas voulu prendre position car telle n’est pas sa mission (voir ci-dessous le communiqué publié par DUEC) ; notre rôle se situe sur un autre plan, qui est l’accueil chrétien et l’accompagnement spirituel des personnes homosexuelles et de leurs proches, quel que soit leur état de vie et quels que soient leurs positionnements sur des questions de société.
    La mention de notre association en bas de cette tribune va donc à l’encontre de notre positionnement. Nous ne pouvons en aucun cas l’approuver. Chaque membre de Devenir Un En Christ a la liberté de soutenir ou non votre mouvement, mais notre mission en tant qu’association est d’une autre nature.
    Nous vous remercions par avance de bien vouloir faire un rectificatif auprès de l’ensemble des destinataires de cette tribune, notamment les évêques, et nous vous informons que nous demanderons un démenti dans les journaux La Croix et La Vie qui ont publié ce texte.
    Merci par avance de votre compréhension. Cordialement,

    Le Conseil d’Administration de Devenir Un En Christ

    Référence : https://www.facebook.com/pages/Homovox/115208778652416

    Voir aussi : https://www.facebook.com/asso.duec?hc_location=stream

    Note d'Homo pas gay : Je connais au moins un autre "signataire" de cette tribune qui a eu l'impression d'y être entraîné malgré lui, et a retrouvé son nom au bas de ce communiqué sans avoir vraiment signé...

    RépondreSupprimer
  7. Ce commentaire " la Barjot a encore frappé" est émouvant et intéréssant. Il mérite d'être lu et médité

    RépondreSupprimer

Vos commentaires, même très critiques, sont les bienvenus, pourvu qu'ils se rapportent au sujet traité, qu'ils soient rationnellement argumentés et qu'ils évitent l'injure ou le dénigrement gratuit.

Merci de relire avant de poster, pour vérifier que vous avez bien respecté ces règles !