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vendredi 10 mai 2013

Marcel Proust contre le mariage gay

1893 : Marcel Proust avec Roger de Flers et Lucien Daudet
   Si un auteur français n'est pas suspect d'homophobie, c'est assurément Marcel Proust (1871-1922). C'est même pour justifier l'homosexualité qu'il a écrit, en 1893, la phrase suivante : 
   « Si l'amour fécond, destiné à perpétuer la race, noble comme un devoir familial, social, humain, est supérieur à l'amour purement voluptueux, il n'y a pas de hiérarchie entre les amours stériles. »
[Marcel Proust, « Avant la nuit », dans la Revue Blanche, 1893.]
   Voilà bien expliquée la raison d'être du mariage : protéger et institutionnaliser l'amour fécond. Pourquoi ? Parce que cet amour fécond est un devoir social. En conséquence, il est logique qu'il soit promu et protégé par la société

   En revanche, la société n'a aucunement à promouvoir ou protéger des amours purement voluptueux et stériles par nature. C'est du simple bon sens !

   
   NB : Évidemment, on va nous ressortir les sophismes habituels sur les couples qui ne veulent pas ou ne peuvent pas avoir d'enfants, et qui se marient quand même. — Faut-il rappeler que la loi est faites pour les généralités, et non pour les exceptions ? Or le cas général est qu'un couple composé d'un homme et une femme est capable d'engendrer des enfants. Il y a des exceptions ? Sans doute, mais il serait injurieux et vexatoire d'exiger qu'un homme ou une femme prouvent qu'ils ne sont pas stériles avant de les autoriser à se marier. Tandis qu'il est évident pour tout le monde que deux hommes ou deux femmes ne peuvent pas suffire, quelle que soit leur affection mutuelle, pour engendrer des enfants ! Le cas n'est donc aucunement comparable. — Que certains couples abusent du mariage en n'en usant pas vraiment dans le but pour lequel il est institué, c'est inévitable (la nature humaine est ainsi faite). Mais vouloir en prendre prétexte pour redéfinir le mariage indépendamment de sa finalité normale, c'est un évident sophisme.

4 commentaires:

  1. Commentaire du RESEAU ARKADIA (le réseau des hommes HORS LGBT) posté sur Facebook :

    Cette citation de Proust constitue d'ailleurs une réponse intéressante à l'erreur de M. VANNESTE dans son propos contesté sur la supériorité de l'hétérosexualité.

    En effet, si la supériorité morale des amours fécondes sur les amours infécondes est défendable de manière objective, il faut rappeler qu'il y a aussi des amours hétérosexuelles infécondes, dont la supériorité sur les amours homosexuelles devient dès lors très difficile à défendre, sinon au cas par cas...

    Cela dit, même s'il s'agit d'une fécondité d'un autre ordre, qualifier les amours de Marais et Cocteau (pour ne prendre que cet exemple) de "stériles", peut tout de même sembler assez audacieux !

    Merci en tout cas à cet excellent blog de contribuer d'une manière des plus fécondes à la liberté d'expression des homosexuels (et à la liberté de réflexion en général) sur la toile ! ;)

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    1. @ Michael Migales
      Il me semble qu'il faut très soigneusement distinguer :
      — amour
      — acte sexuel.

      De fait, parmi les actes sexuels, seul l'acte conjugal normal est fécond. En cet ordre, sa supériorité paraît donc incontestable : il est l'acte sexuel par excellence, parce qu'il est l'acte de la fécondité.

      Maintenant, on peut évidemment considérer les choses d'un autre point de vue : une "fécondité d'un autre ordre" comme tu dis.

      Seulement, cette fécondité n'est-elle pas seulement celle de l'AMITIÉ ?

      Qu'il y ait des amitiés masculines très fortes, et que certains hommes en aient particulièrement besoin, c'est certain. (Notamment des hommes à qui a manqué, d'une manière ou d'une autre, une bonne relation avec leur père, et qui ont une blessure affective de ce côté, avec une forte demande d'aide masculine). Que ces amitiés soient fécondes, c'est certain, mais ont-elles besoin de se traduire par des relations sexuelles pour l'être ?

      Cette sexualisation de l'amitié masculine n'est-elle pas même un piège qui la dénature et la fait dégénérer en caricature ?

      Voir sur ce sujet la pénétrante étude publiée par la fraternité Aelred :

      http://frataelred.free.fr/Enigme_homosexualite.html

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  2. "Que ces amitiés soient fécondes, c'est certain, mais ont-elles besoin de se traduire par des relations sexuelles pour l'être ?"

    Non, certainement. Mais les relations sexuelles (auxquelles vous accordez, manifestement, une importance démesurée) ne les empêche pas non plus de l'être. Où est, par conséquent, le problème ?

    Il me semble que cette intervention, comme toutes celles de l'auteur de ce blogue, prend pour postulat que les comportements homosexuels, à défaut d'être "normaux", auraient l'obligation de justifier leur existence... ou de se "sublimer" dans la chasteté ou je ne sais quelle autre autre pratique contre-nature (la "haire" et la "discipline", peut-être ! lol). Il s'agit certes d'une démarche qui se comprend dans une logique chrétienne, mais cette démarche n'est pas la seule possible - et surtout pas la seule alternative possible à l'idéologie "gay".

    La sexualité homosexuelle peut être aussi envisagée comme l'une des manifestations naturelles de ce qu' Hans Blüher appelait l'"éros inter-masculin", qui est une des puissances qui ont de tous temps participé à l'organisation des sociétés humaines, au même titre que l'instinct qui pousse l'homme à se rapprocher de la femmes pour assurer la perpétuation de l'espèce. Et les personnes qui pratiquent cette sexualité comme des composants naturels du corps social, qui ont leurs fonctions spécifiques, dont il est aussi absurde de vouloir évoquer la "normalité" qu'il le serait de se demander lequel des organes de notre corps est le plus "normal"...

    Personnellement, tout en étant à 100 % anti-gay, je ne me sens pas du tout en souffrance, je ne regrette absolument pas d'être attiré par les hommes et je ne vois pas au nom de quoi je devrais considérer la chasteté comme préférable à une pratique sexuelle qui est une manifestation naturelle de mon être.

    Cordialement.

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  3. Je suis d'accord avec Paul :il faut distinguer l'amour (sentiment ) du désir sexuel .Bien souvent le désir sexuel est pris pour de l'amour , alors qu'il provient de la pulsion sexuelle (besoin physiologique et indépendante des sentiment) et de l'orientation que l'individu va lui donner :l'attraction que chaque être ressent pour une personne dont il suppose inconsciemment qu'elle va le combler dans sa pulsion : c'est le désir animal que l'esprit moderne identifie à l'amour .




    Chacun a une façon personnelle de gérer cette pulsion sexuelle à son niveau et cette énergie (désir, libido ) est variable selon les individus et l'âge .Cette pulsion sexuelle peut être très forte chez certains adolescents qui ont du mal à la canaliser (cf le film Padre Padrone ).Et elle peut être inexistante sous cette forme contraignante chez d'autres , qui ont ainsi moins de mal à la gérer.




    "il n'y a pas de hiérarchie entre les amours stériles." ou plutôt




    il n'y a pas de hiérarchie entre les amours non charnelles .




    Pour toutes les religions (bien souvent cet aspect est caché dans leur ésotérisme sauf dans l'hindouisme ou des couples en position d'union sexuelle ornent les temples ) la sexualité n'a pas seulement un but procréatif mais aussi et surtout de progression spirituelle , d'épanouissement pour aboutir à l'individuation et réaliser l'androgyne .

    Ce travail spirituel ne peut se faire qu'avec une personne de sexe opposé (donc polarisé différemment dans l'altérité) , travail ou le corps est convié et ou la sexualité s'incarne dans le corps physique , sexualité qui va imprégner l'âme et la faire évoluer .La Cantique des Cantique témoigne de cette altérité entre l'Epoux et l'épouse , l'amour humain corps et âme entre un homme et une femme étant un prémice à l'amour divin ente le Créateur et sa créature .

    Si on sent que Proust dans son oeuvre montre un certain dégout pour les rapports sexuels entre homme , c'est peut-être qu'il avait l'intuition confuse qu'ils sont stériles dans tous les sens du terme , et pas que pour la procréation .Il montre l'homosexualité comme une perversion ,avec une composante sado-masochiste . Mr de Charlus est pitoyable et dominé par ses pulsions destructrices qui ne le rendent pas heureux mais prisonnier :c'est un joug qu'il subit .




    Si les religions (comme Mr Vaneste ) considèrent l'amour physique entre homme et femme comme supérieur (et nocifs les rapports entre personnes de même sexe de même que la fornication ) c'est avant tout pour des questions pratiques et matérielles si l'on peut dire :le corps physique étant lié à l'âme , l'échange d'énergie dans l'union sexuelle construit la personnalité , agit sur la psyché et donc sur l'âme .

    Si l'acte sexuel est sacré c'est parce qu'il est un moyen de transformation et qu'il peut aussi être dangereux , nocif . Il peut être un moyen de contrôle , de possession , de destruction .

    Sans rentrer dans les détails ,le potentiel de jouissance sexuelle a des degrés et se construit tout le long de la vie .C'est un phénomène avant tout énergétique qui se produit dans le corps en ouvrant des canaux .La véritable jouissance n'est possible que dans l'union homme/femme , qui est un moyen de progression spirituelle .

    Mais comme le disait St Paul " certains se font eunuques pour le Royaume des cieux " c'est à dire restent chastes , car la chasteté est aussi un moyen de progresser et réaliser l'union intérieure sans passer par les rapports physiques , mais cette voie est beaucoup plus difficile .






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