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mardi 23 avril 2013

Non, Cyrano n'était pas gay !

Cyrano de Bergerac (1619-1655) : homo, vif et drôle… mais pas gay !
   Notre Cyrano national – internationalement connu, grâce à Edmond Rostand – est de plus en plus régulièrement présenté, ainsi que bon nombre d'autres personnalités artistiques et littéraires (Michel Ange, etc.) comme un « gay ». Les sites américains aiment même préciser « a gay anti-catholic », histoire de bien faire comprendre à tous qu'il était vraiment et entièrement dans le bon camp (les Américains ont toujours besoin qu'on leur indique précisément qui sont les gentils et les méchants de l'histoire).

  Hé bien non, désolé, mais ce n'est pas vrai ! Hercule Savinien Cyrano dit de Bergerac (1619-1655) pratiqua sans doute l'homosexualité, mais cela ne suffit pas à en faire ce que l'on appelle aujourd'hui un gay.

   L'homosexualité est sans doute aussi vieille que le monde. L'idéologie gay, elle, est très récente. Vouloir ranger dans la catégorie des militants gay toutes les personnalités ayant plus ou moins pratiqué l'homosexualité au cours de l'histoire, c'est commettre un anachronisme qui n'a rien d'innocent. 

   La propagande gay-friendly a tellement obscurci les esprits que cette simple  distinction – entre homosexualité et idéologie gay – risque d'apparaître incompréhensible à certains lecteurs. J'explique donc à nouveau que l'on peut très bien être homosexuel (c'est-à-dire sexuellement attiré par des personnes de son sexe) sans pour autant considérer que cette attirance est tout à fait bonne, normale, souhaitable ou, au mieux, indifférente.

   Ce n'est pas parce que je suis myope que je vais déclarer que la myopie est une sorte d'alter-vision tout à fait aussi souhaitable et bonne que la vision 10/10 à chacun des deux yeux ! 

   En sens contraire, ce n'est pas parce que je reconnais honnêtement que la myopie est une défaillance de la vue que je suis myopophobe ! Je n'ai rien contre les myopes, je souhaite qu'on les aide autant qu'on peut – et d'autant plus que je suis myope moi-même –, mais je ne vais pas, pour autant, aller organiser des myope-pride pour clamer à la face du monde que, tout bien considéré, la myopie, c'est la santé !


   Sur la myopie, j'ai le droit de dire tout cela. Mais si je fais l'application à l'homosexualité, aussitôt le climat change. Moi-même, homosexuel, serai soupçonné d'homophobie si jamais je commence à laisser sous-entendre que, tout bien considéré, l'attirance vers des gens de son propre sexe semble plutôt une déficience qu'une qualité. Une déficience avec laquelle il faut bien vivre, évidemment, et qui, loin d'appeler la haine ou le mépris,  réclame plutôt aide et compassion, mais enfin une déficience quand même.

   Ce n'est pourtant pas la morale, mais la simple biologie qui l'indique. Un œil qui voit mal est réputé déficient. Un estomac qui digère mal est réputé déficient. Un poumon qui respire mal est réputé déficient. Pourquoi seul l'appareil reproductif échapperait-il à ce genre de jugement ? Eh bien, tout simplement parce que l'idéologie s'en mêle ! L'idéologie gay qui, par principe, refuse tout jugement négatif sur l'homosexualité. Et qui, par une sorte de terrorisme affectif, confond systématiquement tout jugement rationnel sur l'homosexualité avec une attaque contre les personnes ("homophobie").

   Cette idéologie gay est née au 20e siècle. Elle est liée de près à la "révolution sexuelle" des années 1960, elle-même conséquence de différents courants philosophiques. Comme toute idéologie, elle doit être discutée rationnellement. Elle devient tyrannique lorsqu'elle tente de s'imposer comme un dogme. Et rien absolument rien ne permet d'y rattacher Cyrano de Bergerac.

  Un auteur homo (mais pas gay) Pierre Gripari, a résumé en quelques lignes l'essentiel de ce qui peut être dit du Cyrano historique. Je ne vois rien à y ajouter : 
   « Celui-ci, qui fut poète, conteur, dramaturge, soldat, misogyne, homosexuel, syphilitique et matérialiste, fréquenta les Frondeurs, et en particulier Scarron, mais rompit avec eux, se rallia en fin de compte à la cause du Roi et mourut chrétiennement en 1655
   Contrairement à ce qu'on a longtemps cru, Edmond Rostand connaissait fort bien le personnage. Tout en le traitant avec une grande liberté, il lui reste fidèle sur bien des points de détail :

  • Le nez, par exemple, c'est vrai. L'auteur de l'Histoire comique des États et Empires de la Lune et du Soleil était affligé d'un tarin d'éléphant de mer, très différent d'ailleurs de l'appendice en pied de marmite qu'on lui a longtemps attribué à la scène.

   • Les cadets de Gascogne et le siège d'Arras sont également vrais. L'ami Le Bret aussi. Il est non moins exact que Cyrano fut gassendiste, et qu'il mit en fuite, à lui seul, près de la Porte de Nesle, une nuée de voyous qui s'attaquaient à son ami Lignière… »

   Voir aussi : 

   - Sir Craven (dans le roman Tempo di Roma) : l'homosexualité sublimée.

   - Max Jacob (1876-1944) : le poète homo devenu ermite.

   - Henri Ghéon (1875-1944) : un dramaturge homo pas gay.

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